vendredi 26 avril 2013

Fermeture partielle du Lycée Français de Bangui

Petits indices des jours passés :
- l'AFB ferme ;
- les VI et AT sont rapatriés.
Petits indices ce matin :
- un SMS pour une promotion d'Air France sur un vol simple ;
- une secrétaire de l'Ambassade m'appelle pour me demander si je veux profiter de ce vol.
Donc, l'Ambassade de France a décidé de laisser fermés les classes et cours déjà suspendus, de la PS à la 4è, jusqu'en juin 2013. Coups de téléphone ce matin, confirmé par courriel.
Première réaction : "Putain, 4 mois sans rien faire ? La loose..."
Ensuite, beaucoup de questions.
- Que vont devenir les élèves ? Tous ne sont pas rentrés en France, certains vivent dans les quartiers de Bangui...
- Quelle conclusion d'année pour ces mêmes élèves, sans scolarité ? Maintien automatique ?
- Quelle rentrée allons nous vivre en septembre ? Avec qui et comment ?
- Que vont devenir les collègues "Contrats locaux" et les personnels du LFCDG ? Chômage ?
- Comment une telle décision a t'elle pu être prise sans concertation avec les personnels ?
- Quel sens donner à cette décision ? Quelles perspectives pour le pays et la situation ?
- Dois-je rentrer en France ? Ne serait-ce pas un abandon de poste ?
- Dois-je rester sur le territoire centrafricain pour toucher la totalité de mon revenu ?
- Quels droits et devoirs pour les collègues "contrat local", "résidents", "expatriés" ? Sont-ils bien tous respectés ?
- Quel est l'avenir du LFCDG ?
- Quel avenir pour moi ? Retour définitif ? Dois-je refaire mes malles ?
- Pourquoi devoir rentrer en France ?
- Rentrer temporairement ? Définitivement ?
Une "fermeture éclaire" !
Déjà de nombreux coups de téléphone passés et reçus, des courriels... Des collègues m'indiquent que cela pourrait se transformer en réintégration dans les académies ou en chômage ; j'attends des réponses de Paris ! Mais en attendant...
Deuxième série de questions.
- Qui va être réintégré ? Les volontaires ? Priorité à ceux ne désirant pas revenir à Bangui ?
- Comment vais-je gérer la maisonnée (employés, salaires, finances, animaux, biens...) si je rentre 4 mois en France ?
- Que va devenir mon équipe de personnels en cas de fermeture et de retour définitif ?
Personne ne le souhaite !
Je regarde Moïse qui dort - enfin, car tellement anxieux pour son devenir -, Neige qui se lèche - insouciante de l'avenir -, Gauthier qui fait ses rondes - sans savoir encore -, Mériadec qui dort - en attendant son tour de garde -. Quelles questions se posent ou se poseront-ils, à leur tour ? Quel futur pour eux si mon départ est définitif ? Je ressens de la détresse morale, surement le même genre - à un degré moindre - que celle de ceux ayant été précipitement évacués, pour moi sans agression, matériellement et physiquement épargné. J'ai une grosse boule à l'estomac : j'en connais les raisons. Je me rassure en me disant que cette fermeture exceptionnelle n'est que temporaire !
Mais je ne sais qui maudire : ou comment un drame collectif et national se répercute alors sur l'individu. Avec l'incertitude, les "non-dits", la déprime et le désespoir me guettent. Jusque là épargné mais présent, je me sentirai trahi et délaissé, dévalorisé aussi, si je devais quitter le navire. Difficile de cumuler les réflexions, les stress, les angoisses, les terreurs... Les insommies sont mes amies. Le plus terrible serait de partir définitivement, dans l'urgence, en laissant mes amis et effets, en perdant tout... comme si j'avais été moi-même pillé !
Mais, pire encore, pas par les rebelles....

1 commentaire:

  1. Ne t'inquiète pas, ce n'est que provisoire.
    Même si tu es contraint au départ, tu viendras, certitude !

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