mardi 9 avril 2013

Tension socio-politique N°11

Petit cours simplifié de socio-politique
La vie redémarre...
* Mercredi 10 :
* Réunion des professeurs au LFCDG.
* Mardi 09 :
* On entre dans une période tout aussi sombre : sempiternels pillages, agressions morales, physiques et sexuelles... sur des compatriotes ! La limite tolérable n'est-elle pas dépassée ? Qu'allons-nous devoir supporter encore ? Laconiques, répétés et imperturbables, les SMS des Autorités Françaises demandent de rester calme, de respecter le couvre-feu, d'éviter de sortir... Tout va bien ?!?
* Au LFCDG, rentrée des Secondes et Troisièmes... On va y arriver ?!?
* En politique, le président nomme des fonctionnaires centrafricains à des postes à responsabilité. Sinon, chacun y va de son discours, son communiqué, sa pensée, ses causes, actes et conséquences, des responsabilités, des explications, interprétations ou justifications, ! En tout cas, sur le terrain, où tous les beaux parleurs ne vivent pas forcément laissant leurs compatriotes dans la difficulté - palabres infondées, discours incohérents avec la réalité du terrain, opportunisme, enjeux, carrièrisme (le CST se monte : y'a moyen de revenir aux affaires !) -, cela se calme. Arrêtez les discours et agissez...
* Aujourd'hui, j'ai fait "Médecin Sans Frontière" pour un petit voisin de 5 ans qui s'est brûlé : juste retour pour la "protection collective" de ma concession...
* Lundi 08 :
La RCA est temporairement suspendue des instances de l'Organisation Internationale de la Francophonie, l'OIF ne pouvant cautionner la prise en force du pouvoir.
* Samedi 06 :
* RAS à part une fusillade à l'angle de ma ruelle - affolement de mes gardiens - ! La routine quoi...
* Le Comité National de Transition devient le Comité Supérieur de Transition - CST - et le président auto-proclamé ordonne sa constitution.
Le CST doit :
- élire un Président pour 18 mois,
- rédiger un avant-projet de Constitution à soumettre au Peuple Centrafricain,
- assumer les prérogatives législatives ordinairement dévolues à un organe législatif.
Le CST est composé de 97 membres :
- 10 sièges pour la Séléka,
- 09 pour l'ex-opposition démocratique,
- 06 pour l'ex-majorité présidentielle,
- 05 pour d'autres partis politiques,
- 67 pour les instances civiles, religieuses, syndicalistes ou issus de la magistrature.
Le fonctionnement du CST n'est pas défini mais il doit composer un bureau de 6 membres comprenant un Président et un vice-Président. Les partis politiques doivent  désigner les membres qui les représenteront ; le nouveau gouvernement centrafricain ne devrait pas être dissout.
M Michel Djotodia a approuvé jeudi ce processus de transition démocratique, demandé par les participants du dernier sommet de N'Djamena.
La rébellion Séléka a renversé le 24 mars le président François Bozizé. Puis, M Djotodia s'est autoproclamé président en annonçant qu'il remettrait le pouvoir en 2016, au terme d'une transition de trois ans. Mais le président du Tchad dit qu'il est impossible de reconnaître un président autoproclamé. Les dispositions du CST pourraient permettre à M. Djotodia de rester au centre du jeu s'il devenait le président désigné, des élections n'étant prévues qu'en 2015.
Toujours l'exode...
Et la vie qui essaie de reprendre ses droits, tous les prix ayant quasiment doublé ! 
Dans le pays, en brousse, dans les quartiers de Bangui, la Séléka essaie de ramener l'ordre et le calme, difficile et lourde tâche !
Les patrouilles mixtes Africaines (Séléka/FACA -Forces Armées CentrAfricaines -) et Françaises sillonnent le pays et la ville, tentant de désarmer - pour mieux réarmer ?!? - et de calmer certains qui, excédés, provoquent toujours et engendrent des émeutes.
Malheureusement, de tous temps, ici comme ailleurs, l'âge n'est pas un critère de recrutement...
Quand on parle des "Droits des enfants" en classe, quand on participe au "parlement des enfants", avec une pédagogie basée sur la citoyenneté, en donnant un vrai statut d'élève aux enfants, effectivement, ces photos laissent pensifs, tristes,... et on peut s'interroger sur la normalisation actuelle. En effet, quelle est la norme de Bangui, que la situation tend à rechercher et retrouver ? Cette norme est bien loin de la normalité !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire